Anh et Jean-Benoît sont un couple, tous les deux freelances, ils ont décidé un jour de partir faire le tour du monde, puis de devenir digital nomades. Après avoir tout quitté de leur ancienne vie, le regret ne fait pas parti du voyage. Ils nous racontent comment ils ont planifié ce grand changement et comment ils arrivent à gérer leur travail et les voyages aux 4 coins du monde.

Quelle est votre activité en tant que freelances / digital nomades  ?

Nous travaillons tous les deux dans le domaine du web-marketing. Anh est spécialiste en référencement payant (SEA) et moi en référencement naturel (SEO). Nous exerçons ce métier depuis plusieurs années en agence ou chez l’annonceur. J’avais également une petite activité de freelance à côté de mon travail salarié.
Nous avons fait un break de 11 mois pour partir en tour du monde entre juin 2016 et mai 2017 en ayant dès le début derrière la tête l’idée de devenir des travailleurs nomades. Le voyage nous a confirmé que ce mode de vie nous plairait et sommes donc devenus digital nomades dès la fin de notre tour du monde.

Comment avez-vous organisé ce grand départ ?

Nous nous sommes avant tout préparés pour un tour du monde. Nous avons fait le choix de rendre l’appartement que nous louions et de vendre, donner ou jeter 90% de ce que nous possédions. Nous avons simplement laissé quelques cartons chez mes parents. En faisant ce choix nous partions l’esprit tranquille, rien ne nous obligeait absolument à revenir. Étant déjà adepte du « zéro papier » depuis plusieurs années, je n’ai pas eu de difficultés administratives. J’avais déjà un mode d’organisation qui me permettait de partir. Ensuite latransition tour du monde / digital nomade a été très facile, nous sommes repartis en voyage un mois seulement après notre retour. Le temps de voir nos familles, nos amis et de se rassasier de bonne nourriture française 🙂

En choisissant ce mode de vie, il y a une prise de risque. Quel a été votre moteur pour passer de l’idée à l’action ?

devenir digital nomad tour du monde Le plus difficile a été de franchir le pas et de décider de partir en tour du monde. Le risque était très faible car j’ai pu poser un congé sabbatique qui me garantissait de retrouver mon job en revenant. Mais il y a quelquesbarrières psychologiques à franchir, la crainte que ce break soit un frein à nos carrières par exemple. Après 10 ans de vie professionnelle parisienne, on a fini par avoir un ras le bol de notre mode de vie. Le fait de prendre tous les jours la ligne 13 du métro a aussi été un facteur déterminant. Une fois parti, on se demande pourquoi on ne la pas fait plus tôt et le fait de devenir nomade est devenu une évidence. On me dit souvent que l’on a fait un choix courageux, aujourd’hui je me dis que les plus courageux sont ceux qui continuent à prendre le métro parisien tous les jours.

Comment gérez-vous votre activité et vos voyages ?

Pour l’instant nous sommes sur un rythme ou nous changeons de lieu tous les mois. Je pense que l’on ne va pas tarder à allonger cette durée et passer à 45 jours ou deux mois. C’est vraiment magique de ne pas avoir de contrainte géographique, mise à part la qualité de la connexion internet. Du coup on voyage au gré des saisons et des régions que l’on souhaite découvrir en essayant d’optimiser les durées et coûts de déplacement à chaque étape. Par exemple pendant nos 4 mois en Europe centrale, nous nous sommes principalement déplacés en bus.
Nous avions plus d’un an d’itinéraire en tête mais un heureux évènement, le mariage de mon frère en septembre, est venu dérégler notre planning, ce qui n’est pas plus mal. On essaie tout de même de ne pas se décider à la dernière minute pour avoir un choix plus vaste de logement, surtout qu’actuellement nous voyageons surtout en pleine saison de chacune de nos destinations.
En fonction des pays, nous cherchons soit un hôtel, soit un appartement Airbnb. Nous avons une liste de critères qui nous aide à choisir le logement idéal (qualité de la connexion internet, espace de travail, distance du centre ville, …), nous envoyons un petit questionnaire aux propriétaires des logements que nous avons repéré, leurs réponses nous aident à arrêter notre choix.
Nous achetons systématiquement une carte SIM locale avec de la data pour avoir un backup de connexion internet.
Concernant le travail, on préfère travailler depuis notre logement plutôt que dans des cafés ou des co-working. Nous faisons des journées de travail complètes tout en se réservant du temps pour visiter et profiter.

Quelle a été votre première destination et pourquoi ?

Lors du tour du monde, la première destination à été l’Afrique du Sud. J’ai eu un sentiment de liberté incroyable quand je me suis retrouvé avec un éléphant dans mon rétroviseur moins de 48h après avoir quitté Paris. Le tour du monde commençait et allait durer 11 mois ! Notre première destination en tant que digital nomadsa été Cracovie en Pologne car nous souhaitions découvrir un peu l’Europe centrale pendant que le climat était clément. Nous n’avons pas été déçus, c’est une ville très agréable et les polonais sont très accueillants.

 

Travaillez-vous en binôme sur vos projets professionnels ?

Nous travaillons dans le même domaine d’activité mais pas dans la même spécialité. Nous avons donc des clients et des missions différentes. Cela peut nous arriver ponctuellement de nous entraider sur un sujet mais nous sommes plutôt autonomes.

Comment gérez vous votre relation avec vos clients ?

Nous sommes en ce moment à 10 000 kilomètres de nos clients mais nous les gérons comme si nous étions dans l’arrondissement d’à côté. E-mail, téléphone, visioconférence, … Vive la technologie ! 😃 Nous faisons attention à être les plus rigoureux possible pour rassurer nos clients et les convaincre que la distance n’est pas un soucis. Nous ne sommes jamais en retard lors d’un rendez-vous téléphonique par exemple.

Avez-vous des clients réguliers ou bien vous gérez votre recherche à distance ?

Nous privilégions les missions longues pour éviter de faire trop de démarches commerciales. Nous avons le luxe de travailler principalement avec des personnes que nous connaissons déjà (anciens collègues, par exemple) ou auprès de ceux qui nous sommes recommandés. Alors, il y a déjà un climat de confiance qui facilite énormément la relation. Jusqu’à présent nous avons la chance de ne pas avoir à faire de prospections.

Avez-vous déjà rencontré des difficultés dans votre travail dues à ce mode de vie ?

devenir digital nomad tour du monde Pas particulièrement. Actuellement, nous avons un gros décalage horaire qui limite les plages horaires de travail communes avec la France mais avec un peu d’organisation, ça ne pose pas de problème. Paradoxalement, même si ce mode de vie nous apporte pleine satisfaction, nous perdons en confort sur certains points. Par exemple, les chaises de notre logement que nous avons ne sont pas toujours à la bonne hauteur par rapport à la table, ce qui occasionne des mal de dos. Auparavant, on travaillait sur un siège de bureau ergonomique. Nous étions également habitués à travailler avec deux grands écrans, désormais nous n’avons que notre petit écran d’ordinateur portable. Même si nous faisons attention à choisir des villes et des logements avec une bonne connexion internet, il arrive que celle-ci soit instable.
Notre qualité de vie est largement meilleure aujourd’hui que lorsque nous étions à Paris mais paradoxalement, le confort de notre environnement de travail s’est dégradé. C’est un point auquel je n’avais pas pensé avant de devenir nomade. Ensuite cet inconvénient ne remet absolument pas en cause notre choix 🙂

Pensez-vous un jour revenir à un mode de vie plus « domicilié » ?

On n’y pense pas pour le moment mais nous ne resterons sûrement pas nomades sous ce format éternellement. A mon avis on va petit à petit allonger nos durées de présence à chaque étape en passant d’un mois à 2 mois. Puis de 2 à 3. Puis de 3 à 6. Il est aussi possible que lors d’une étape on se sente tellement bien que l’on se dise que c’est ici qu’il faut s’installer.

Comment se passe votre voyage actuel au Japon ?

Très bien, nous sommes arrivés il y a 2 semaines. Nous ne connaissions pas du tout et avions hâte de découvrir cette culture. Les japonais sont d’une très grande discipline et politesse, c’est très agréable et c’est un choc culturel par rapport à notre culture latine.  J’étais déjà amateur de restaurants japonais mais ici la nourriture est incomparable. Nous avions aussi calculé notre itinéraire pour arriver au moment de la floraison des cerisiers à Kyoto et c’est absolument magnifique.  Par contre, nous arrivons au Japon après 4 mois passé en Asie du Sud Est, le coût de la vie est incomparable 😃

Où retrouver Anh & Jean-Benoît sur le web ?